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Le cinéma français du XXI° siècle...
Nous vous proposons en ce mois de juin un état des lieux du cinéma français des années 2000, à travers une étude qui met l’accent sur une situation socio-économique pour la moins préoccupante, mais aussi… sur les solutions inédites qu’une profession qui fut à plus d’une reprise sur le pied de guerre au cours de la même décennie, tenta d’apporter aux dernières crises qui ont pu l’affecter.
En un peu plus d’une trentaine d’oeuvres, cette étude est illustrée par un tour d’horizon des auteurs qui auront le plus compté depuis le passage de notre cinéma au nouveau siècle (valeurs émergentes comme brillantes confirmations).
Une soixantaine de titres viendra clôturer le mois prochain ce dossier en deux parties, en pointant essentiellement tout ce qui peut relever des grands anciens qui firent parfois des retours inattendus le temps d’un film, ainsi que tous les nouveaux venus qui pour l’instant n’ont pas confirmé leur premier essai…
Sans oublier les passages (la plupart du temps réussis) de certains documentaristes vers la fiction et les réalisateurs qui se sont emparés d’un cinéma de genre qui ne nous est pas réservé habituellement.
Cette étude se terminera sur deux clans à ne surtout pas négliger : celui des (petits nouveaux) inclassables pour finir par le carré des figures les plus irréductibles.
Ces deux vidéographies devraient pouvoir démontrer que, malgré les difficultés qu’elle peut rencontrer actuellement, notre cinématographie en crise systémique depuis sa naissance il y a plus d’un siècle, reste toujours et encore la plus diversifiée qui soit.
Quelques bonnes raisons de s’équiper en films courts…
(en écho à notre thématique « Le court-métrage »)
Tout d’abord, rappelons cette vérité bien établie consistant à dire que les cinéastes qui s’exercent sur le court-métrage finissent la plupart du temps par passer au long-métrage, souvent avec un certain succès, voire une belle maîtrise (cf notre thématique d’Avril 2010). C’est notamment le cas pour Kassovitz, Klapisch, Jan Kounen, Sam Karmann, Eric Rochant, Guy Jacques, Yvon Marciano, ou plus récemment Micha Wald, Nicolas Saada et Frédéric Mermoud. Et des cinéastes qui ont fait leurs premières armes sur ce format ont parfois remporté un beau succès d’estime (comme Desplechin avec La vie des morts).
Faisons ensuite un sort particulier à un format qui l’est tout autant et qui, depuis le début des années 90, obéit à un constant développement au point d’avoir sa propre manifestation : le moyen-métrage s’époumone en effet à Brive-la-Gaillarde depuis 2004 (premier Grand Prix attribué à La peau trouée de Julien Samani).
A la fin de la même décennie est née la collection Décadrages (hélas indisponible en DVD) qui regroupait des moyens-métrages signés Emmanuel Mouret, Yves Caumon, Philippe Ramos pour ne citer qu’eux. Le moyen-métrage (qui avoisine souvent une heure, le critère étant de ne pas dépasser 59 minutes) n’est pas plus à négliger que le court-métrage, les deux formats bénéficiant de la même liberté. Surtout, on ne compte plus sur cette étape, parfois intermédiaire avant de passer au long-métrage, les œuvres qui se sont révélées bien supérieures aux longs-métrages signés ensuite par les mêmes auteurs : Ozon n’a jamais fait mieux que certains de ses courts-métrages (Une robe d’été) et moyens-métrages (Regarde la mer), tout comme à un degré moindre Alain Guiraudie, dont Du Soleil pour les gueux et Ce vieux rêve qui bouge restent les meilleurs travaux.
Et tant la déperdition a souvent été au rendez-vous, l’on se met du coup à frémir lorsqu’on apprend que Mickhael Hers, l’une des dernières grandes révélations qui n’a jusque là réalisé que des moyens-métrages avec bonheur (notamment Primrose Hill et Montparnasse), vient tout juste de réaliser son premier long-métrage.
Mais surtout l’argument massue pour « manger du court » au kilomètre, c’est le rapport qualité/prix dès lors que l’on se tourne vers certaines sélections d’œuvres courtes réunies tantôt sous la forme d’intégrales consacrées à des auteurs (Kounen, Kassovitz, Varda, mais aussi Serge Avedikian, Valérie Gaudissart), tantôt dans des programmes fleuves édités par les manifestations les plus renommées du genre (Clermont-Ferrand, Brest, Cannes, Les Lutins du court), soit souvent des heures de projection (record pour le coffret de La petite collection de Bref regroupant ses 10 premiers volumes : plus de 70 films pour vingt heures de programmes !).
Dans le même genre, on pourra citer les Sélections annuelles des Césars, qui ne regroupent pas seulement les quatre ou cinq finalistes, mais l’ensemble des œuvres qui auront réussi à passer un premier cap (souvent plus d’une dizaine !). Enfin, revenons encore à La petite collection de Bref qui représente un autre gage de qualité, les courts-métrages s’y retrouvant résultant de choix du comité éditorial de la seule revue consacrée au genre.
Dernier argument plaidant en faveur de l’achat de ces programmes : sur ces sélections avoisinant souvent le prix d’un long-métrage à l’unité, il y aura bien plusieurs titres enthousiasmants dans la sélection (ce qui n’est évidemment pas le cas pour un long-métrage, sauf à se rabattre sur les bonus !).
Mais qui achèterait des longs-métrages uniquement pour les bonus ? Sauf à vouloir acquérir le court-métrage réputé présent justement dans les bonus de la version collector du long-métrage !
Et la boucle est bouclée !
Et la thématique de mars ?
Ce mois-ci, pas de thématique, nous avons préféré réaliser un plus large panoramique sur les nouveautés (qu’on aurait voulu encore plus riche en nombre de titres chroniqués !), sans oublier quelques retours sur des œuvres significatives des derniers mois, telles Inglorious basterds de Tarantino, ou encore Tirador, le film resté inédit de Brillante Mendoza.
Quelques lignes de force pour pénétrer dans cette sélection d’une quinzaine de titres : des frontières qui deviennent décidément de plus en plus floues entre documentaire et cinéma de fiction (avec Close-up, le chef d’œuvre de Kiarostami qui initia cette voie aujourd’hui de plus en plus fertile il y a une vingtaine d’années, sans oublier le « docu-fiction » de Hervé Guibert, La pudeur de l’impudeur, tourné à peu près dans le même temps par l’écrivain juste avant de décéder, autre titre important dont on aurait tant voulu vous parler !.
Car, oui en effet, on ne pourra pas dire que deux comédies aussi « impures » stylistiquement parlant que Toute l’histoire de mes échecs sexuels de Chris Waitt ou encore Humpday de Lynn Shelton ne doivent rien au genre documentaire… Et comme il est permis de s’esclaffer encore bien davantage (Professeur Choron aidant, certes) sur Choron dernière (un vrai doc, là, par contre, et un grand retour à l’excellence pour Pierre Carles !), les lignes de partage entre les deux genres commencent décidément à bouger terriblement.
Et puis, après tout, si dans des registres très différents, Démineurs de Katherine Bigelow, Tirador de Mendoza déjà cité, A propos d’Elly de Asghar Farhadi (dernière petite sensation du cinéma iranien), Fish tank de Andrea Arnold, sans oublier le très beau Un autre homme de Lionel Baier, ne seraient-ils pas tous redevables à cette fameuse « plus-value » documentaire qui rend toutes ces fictions encore plus fascinantes à suivre ?
En poussant encore plus loin, on pourra dire que Non ma fille, tu n’iras pas danser de Christophe Honoré et La femme sans tête de Lucrecia Martel n’existeraient pas sans Chiara Mastroianni et Maria Onetto, actrices qui portent ces deux œuvres entièrement sur leurs épaules, et dont ces deux titres dressent en quelque sorte en retour une manière de portrait.
Heureusement que Ang Lee est là (autre brillant retour aux affaires, après celui de Pierre Carles) pour nous faire prendre quelques chemins de traverse avec l’événement qu’à pu représenter Woodstock dans sa dernière œuvre. Mais là, encore, gare à la « descente », dans la conclusion que l’auteur a voulu donner à son Hôtel Woodstock ! Oui, décidément, les temps sont durs, et le cinéma (y compris celui qui a choisi volontairement de se réfugier dans un passé idyllique) est bien là en ce moment pour se charger de nous le rappeler !
Etudes & thématiques
Le MémoNews comporte désormais une rubrique nouvelle consacrée à l’étude d’une thématique ou d’un aspect de la production cinématographique.
Chaque mois, un thème directement ou indirectement lié à l’actualité de l’édition est abordé. Ainsi, à l’occasion de l’édition du Jardin des Finzi Contini de De Sica, le MémoNews de juin a évoqué le cinéma italien d’après-guerre ; celui de juillet profite de la sortie de I’m not there pour étudier le ‘biopic’ musical.
En complément de ces études, nous établissons une liste des principaux films édités en vidéo et traitant du sujet abordé ; son objectif est de vous aider à parfaire vos fonds.
Nous restons de plus à votre disposition pour répondre à vos demandes sur chacun de ces thèmes, notamment pour leur actualisation au fil des mois.